Ce n'est pourtant pas si simple. Car, toutes choses étant égales, si vous augmentez le
volume d'une monnaie, vous en diminuez la valeur.
Explication: La valeur d'une monnaie est fonction de la confiance qu'on lui accorde et cette confiance
s'appuie sur des indices de richesse et d'activité des pays de la zone émettrice. Prenons un exemple: parce
que vous lui avez tondu sa pelouse, votre ami vous a donné un bon pour utiliser sa petite piscine le samedi
soir. Ce bon a une réelle valeur (celle d'une entrée piscine) mais s'il en a distribué dans toute la ville, il n'en a
plus aucune car vous ne trouverez plus place dans la piscine et n'aurez plus d'amateur pour racheter votre
bon. C'est ce qu'on appelle l'inflation.
Pourtant, c'est ce que font les banques par le biais du crédit.
Quand vous empruntez de l'argent, celui-ci ne vient pas d'un compte d'épargnant. Il est temporairement créé
à votre seule intention et sera supprimé au remboursement de votre dette. Pour tenter de répondre au
manque criant de pouvoir d'achat et ainsi relancer le commerce et l'industrie, la banque centrale européenne
baisse les taux d'intérêt pour encourager le crédit.
Les épargnants et investisseurs sont alors les dindons de la farce car l'argent qu'ils ont placé leur rapporte
moins. S'il rapporte moins, c'est qu'il a moins de valeur. S'il a moins de valeur, il en faut plus pour remplir le
caddy et vous avez tous remarqué qu'avec le même salaire, vous pouvez acheter beaucoup moins qu'il y a 3
ans. En effet, quand le taux d'intérêt est bas, les prix montent et les emprunteurs sont à leur tour grugés.
Sauf à abandonner les biens qu'ils ont mis en garantie et qui valentt toujours plus que l'argent emprunté, ils
doivent rembourser leur crédit avec intérêts et se retrouvent ensuite avec le même salaire pour affronter une
vie beaucoup plus chère.
Notez que les exclus ne sont pas mieux lotis puisqu'ils n'ont pas eu droit au crédit et subissent tout de même
l'augmentation du coût de la vie. Quant à l'indexation des salaires, c'est une fumisterie car elle survient
toujours longtemsp après la montée des prix, ne touche pas toutes les catégories sociales et surtout n'est
calculée que sur les biens de consommation ayant subi le moins d'augmentation. Les tabacs et carburants
en sont exclus. Si on les prenait en compte, il faudrait au moins tripler les salaires.
C'est ainsi que s'organise inéluctablement la paupérisation du monde. Et aussi son naufrage écologique car
les dépenses indispensables à la préservation de notre planète réduisent encore plus le pouvoir d'achat
réservé à la consommation. Bush refuse le protocole de Kyoto parce que les entreprises américaines le
jugent contraire à leurs intérêts.
Il est certain que le libéralisme tel que nous l'appliquons porte en lui les germes de son auto-destruction. Les
maîtres du monde n'en ont cure. Ils ont déjà prévu des guerres pour décimer la population et s'approprier les
richesses et matières premières qui leur échappent encore. C'est déjà en cours en Irak. Combien de
souffrances, combien d'agonies, ces barbares vont-ils encore nous imposer? C'est la vraie question.